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KGB
Mon adaptation de KGB est désormais disponible en téléchargement ! Il m'a été impossible de joindre Philippe Ulrich. Je lui ai bien envoyé plusieurs messages mais je n'ai jamais reçu aucune réponse. Ni positive, ni négative. L'e-mail n'était peut-être pas le bon ?
Je dois avouer que l'échec des négociations avec Lucasfilm m'a plutôt démotivé. Je n'ai ni l'énergie ni le temps pour recommencer les démarches pour la publication de KGB.
J'espère que vous aimerez cette adaptation d'un jeu moins connu mais au scénario palpitant.
 
Bonne lecture !

vous pouvez aussi aller sur le site Lost Treasures Fr pour y jouer.

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Extrait

J'avais écouté la bande du magnétophone durant mon trajet en métro. Je n'appris rien de plus. Il y avait juste une conversation entre Sergei et Mechulaiev qui confirmait le rendez-vous de demain. Sergei sembla surpris d'une telle urgence, et son patron lui indiqua qu'il devait contacter Yakuchev pour qu'il vienne chercher la marchandise, le crack, après demain. Mechulaiev semblait se réjouir d'avoir fait une si bonne affaire. Le reste de la bande n'avait enregistré que des discussions trop lointaines et étouffées pour que j'entende quelque chose.
Maintenant, j'avais juste besoin de sommeil. Après m'être amusé un moment avec la fonction vocale du magnéto, je partis me brosser les dents pour préparer une nuit de repos bien méritée. Epatant ce magnétophone. Je n'avais qu'à dire "parle", pour qu'il s'enclenche. A part à mes gamineries, à quoi diable pouvait donc servir une telle fonction ? En ricanant, je posai les objets les plus encombrants sur mon lit et m'allongeai pour me reposer un moment. Je pensais une dernière fois à Tamara. Elle était belle. Plus encore dans mes souvenirs que dans la réalité. Peut-être parce que je l'imaginais sans cette tonne de maquillage superflu. Je me voyais déjà fonder une famille. Incroyable comme elle me faisait tourner la tête, cette fille! Le goût de ses lèvres me remontait à l'esprit. Un goût de fraise. Dix secondes plus tard, j'étais profondément endormi.

Un coup dans les côtes me réveilla brusquement. Je tombai du lit. En me relevant je vis le canon d'une arme entre mes deux yeux. Sans regarder encore mon agresseur, je constatai le silencieux sur son arme. C'était un pistolet réglementaire bien entretenu du KGB. Enfin, je reconnus l'homme: Chapkin. Il m'ordonna de me lever lentement. Je lui obéis sans discuter.
- Ne joue pas les héros, Rukov, dit-il. Je rate rarement ma cible, et jamais à cette distance. Avance lentement vers la salle de bains.
Une fois sur mes pieds je restai immobile.
- Crois-moi, Rukov, je vais te tuer si tu ne commences pas à avancer.
Il le ferait. Pas de doute. Je décidai de lui obéir. Chapkin ouvrit tous les robinets de la salle de bains.
- Tu t'es approché de mes filles, Rukov.
Tamara! M'avait-elle balancée? Je ne pouvais le croire.
- Qui plus est, continua-t-il, il faut que je sache qui ou quoi t'a conduit à mon modeste studio d'enregistrement de la chambre 418.
Non. Tamara n'avait rien dit. Comment avais-je pu en douter? Tellement de personnes m'avaient vu au bar. Prostituées, barman, concierge... Wallace pourquoi pas ? La liste était bien longue. Mais ce n'était pas vraiment ma préoccupation immédiate, il fallait l'avouer.
- Tu peux soit être raisonnable et me donner les réponses que je cherche, soit serrer les dents et refuser. Cela m'est parfaitement égal: tu parleras comme une pie que tu le veuilles ou non.
Il semblait bien sûr de lui.
- Tu compte me torturer? lui dis-je.
- Oh, il y a des méthodes bien plus modernes et efficaces que ça maintenant.
Il sortit un étui de sa veste qu'il posa sur le lavabo. Il n'était pas bien grand, mais long et fin comme un doigt.
- Alors? reprit-il. Quelle solution choisis-tu?
Une idée me vint à l'esprit. Ce ne serait pas du gâteau mais ça pouvait marcher. Ca devait marcher!
- Très bien, camarade. Je PARLE.
Mon magnétophone toujours sur le lit se mit en marche. Chapkin tourna vivement la tête surpris par la voix qui s'en dégageait. Je saisis l'occasion pour l'attaquer. Je lui balançai un violent crochet au visage. Puissant, mais pas assez pour l'étendre. Il chancela mais resta sur ses pieds. Il tenta de m'abattre froidement. Je me jetai sur son bras et détournai le canon de moi. Un coup partit dans le mur. Puis un autre. Je bloquai sa main contre le sol et la tapai violemment pour lui faire lâcher son arme. Ce qu'il fit. Il m'envoya un coup de genou dans le ventre et se jeta sur moi. Je me penchai et en faisant bascule, je le fis trébucher dans la baignoire. Il tenta de freiner sa chute en s'agrippant au rideau mais arracha le tout. Les annaux sautèrent un à un, pendant que je le martelais de coups de coudes dans le dos. Je le retournai vers moi et l'achevai par un dernier coup de poing en plein visage. Il s'écroula dans la baignoire, complètement KO.

Je m'assis par terre pour reprendre mon souffle. Chapkin m'avait réservé un charmant réveil. Presque autant que la berceuse que je venais de lui conter. En tout cas, je venais de trouver un rôle à la fonction vocale de mon magnétophone... Heureusement que j'avais rembobiné la cassette. Mettre en lecture sur de la bande vierge n'aurait certainement pas eu le même effet. Je ramassai son arme et la mis dans ma poche. Je regardai ma montre: 6 heures et demi. Déjà. Dans une petite demi-heure, Savinkov pointerait le bout de son nez de fouine. Je pris l'étui qu'il avait posé sur le lavabo. Il enveloppait une seringue contenant un liquide ambré. Pas de torture, une méthode plus moderne... C'était une drogue destinée à me faire parler. Et bien, puisqu'il avait eu la gentillesse de m'apporter ce charmant cadeau, je décidai de l'utiliser sur lui. L'aiguille pénétra dans son bras, et fit battre des paupières Chapkin. Il se mit à gémir, puis se détendit, en regardant fixement le plafond.

 

 
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