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Indiana Jones and the Fate of Atlantis

Aventure, humour, action… cette série de films m’a complètement subjugué. J’ai dû les voir, au moins, trente fois chacun. Et chaque année, je continue de les voir encore et encore… Vous l’avez compris, je suis un grand fan.

A l’époque, Lucas, Spielberg et Ford étaient formels : il n’y aurait plus de nouveau film ! Heureusement pour moi, j’ai pu en partie me consoler avec les très bons romans Indy écrit par Rob Mac Gregor (je vous les conseille fortement). Après ça, je n’avais plus qu’une idée en tête : écrire à mon tour une aventure du célèbre archéologue.

Fort de mon expérience acquise lors de la première adaptation de Monkey Island, je décidai de faire de même avec l’un des plus grands jeux d’aventure que Lucasarts ait jamais produit : Indiana Jones & the Fate of Atlantis.

J’aurais pu écrire une aventure inédite. Mais dorénavant, je savais que je voulais continuer dans la voie des adaptations des jeux vidéo afin de proposer un projet plus conséquent à Lucasarts.

Au final, ce fut mon premier vrai roman. S’il est le moins original de tous, il garde toutefois une place chère dans mon cœur. Car Indiana Jones et le mystère de l’Atlantide est comme un fantasme réalisé. Nul doute que les fans de l’aventurier le liront avec un plaisir certain. Je l’espère du moins.

Il reste que le passage dans le sous-marin est complètement irréaliste et que je l’aurais complètement réécrit en cas de publication. Peut-être le ferais-je un jour quand même car cette partie m’a toujours gêné tant elle était naïve et peu probable. Donc qui sait ? Peut-être un jour aurez-vous droit à un « Director’s cut » !

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Extrait

Il faisait bon ce soir. D'ailleurs, ici sur la Côte d'Azur il faisait toujours bon. Et ce soir, il ne savait pas pour quelle raison mais l'atmosphère lui paraissait encore meilleure que d'habitude. Il sentait qu'il se passerait quelque chose ce soir... quelque chose de spécial. Les cartes le lui avaient affirmé : « Vous allez faire une rencontre mouvementée ce soir »... Pourtant, il fallait l'admettre, jusqu'à présent c'était le calme plat. Il aurait même pu emmener avec lui ses deux chiens Kiki et Fanny.

Alain Trottier se promenait assez souvent. Il aimait dégourdir ses jambes vieillissantes de temps à autres. Il adorait cet éclairage : le Casino de Monté-Carlo n'était sûrement pas la meilleure chose que comportait la belle principauté mais c'était un spectacle magnifique.

Il était fatigué de sa journée : il avait travaillé si dur depuis une semaine dans sa boutique d'antiquités. Il avait du refaire toute la décoration qui commençait tout comme lui à vieillir. Il fallait qu'il rentre chez lui maintenant, dormir un peu. Peut-être que cette soi-disant rencontre mouvementée se ferait sur le chemin du retour... ou bien dans son sommeil.

Trottier s'éloignait du Casino, et ces deux ombres derrière lui ne lui disaient rien qui vaille. Il tenta d'accélérer le pas essayant de les distancer. Mais peut-être ne le suivaient-ils même pas et, qu'une fois encore, son imagination prenait le dessus sur la raison. Il se faisait vieux, pensa-t-il.

Il tourna dans une petite rue très sombre. L'éclairage de celle-ci avait entièrement sauté depuis deux jours et, apparemment la municipalité ne se pressait pas vraiment pour réparer les dégâts. Trottier n'était qu'au beau milieu de la rue lorsqu'il se retourna de nouveau : les deux silhouettes de tout à l'heure le suivaient encore. Elles lui paraissaient énormes, les deux hommes devaient être très corpulents. Mais il ne s'agissait peut-être que d'un effet de lumière.

- Qui êtes-vous ? leur lança Trottier sur un ton qui oscillait entre la menace et la peur.

Aucune réponse.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Répondez enfin !

Ils ne le firent pas. En revanche, ils se mirent à courir dans sa direction à toute allure.

- Non ! cria Trottier fonçant dans la direction opposée.

Trottier courrait aussi vite que ses jambes et son âge le lui permettaient ce qui était bien insuffisant. Les pas derrière lui résonnaient de plus en plus fort et se rapprochaient. Trottier pouvait sentir le souffle chaud de l'un de ses poursuivants le long de son cou. Dans quelques secondes il serait fait comme un rat.

L'un des deux hommes lui attrapa un bras et le freina violemment, l'autre l'aidant à le plaquer contre le mur. Trottier se débattait comme un diable dans un bénitier, donnant des coups de genoux et de coudes à ses agresseurs. Pendant que le plus grand immobilisait sa victime le petit fouillant une poche intérieure en sortait une pierre ronde.

- Laissez-ça, sales voleurs ! Rendez-moi ça ou alors...

L'autre lui assena un violent coup de poing au visage pour stopper ses cris. Voyant que son geste était vain il sortit son pistolet et le pointa sur la tempe de Trottier. Il allait tirer et l'abattre de sang-froid.

Un étrange claquement déchira l'air. Une sorte de lanière s'enroula autours du bras qui tenait le pistolet. Indy venait de lancer son fouet sur l'homme.

Il tira sèchement pour désarmer celui-ci qui cria. Le pistolet alla se perdre dans un des coins les plus obscurs de la rue. Le gros ne devait même pas être armé vu qu'il se précipita tête baissée vers ce maudit trouble-fête. Ce dernier ramena son fouet et lui bloqua la jambe pour le faire trébucher. Mais l'homme semblait aussi puissant qu'un buffle et resta sur ses pieds. Il prit le fouet enroulé à sa jambe et le tira si violemment qu'Indiana le laissa s'échapper.

Mauvais ça !

Si Jones avait eu le bon sens d'apporter son fouet sous son smoking pour la soirée, il avait préféré laisser son Webley à l'hôtel. Et lui qui se croyait prudent et organisé !

Le buffle le heurta de tout son poids, l'envoyant s'écraser contre un mur. Il ne sentait plus ses os. Puis le gros commença à l'étrangler avec son propre fouet. Jones suffoquait et ses vertèbres étaient prêtes à lâcher d'un moment à l'autre. Il fallait qu'il fasse quelque chose tout de suite, sinon il mourrait sans avoir achevé sa quête...

L'assaillant plus petit se trouvait juste en face d'Indiana. Il se contentait de regarder son ami s'occuper de ce touriste trop courageux. Lorsqu'Indy, avec l'énergie du désespoir, lui asséna un violent coup de pied à l'estomac celui-ci sous l'impact, se retrouva au sol après avoir laissé échapper de ses mains la pierre volée qui atterrit devant son légitime propriétaire. Trottier la ramassa sans tarder puis la remit dans sa veste.

Jones envoya un coup de coude dans le visage du gros qui le lâcha en titubant vers l'arrière. Indy prit à peine le temps de reprendre son souffle et se rua de nouveau sur son adversaire. Il le frappa plusieurs fois au ventre ainsi qu'au visage. Mais son manque de souffle l'empêcha de le cogner de toutes ses forces et le gros déjà bien résistant riposta aussi sec l'envoyant d'un simple coup de poing à deux mètres de là, derrière à terre.

Les deux agresseurs qui venaient de se relever s'approchaient d'un pas lent vers l'archéologue.

Ils n'ont pas l'air commode !

- Achtung, amérikaner ! Achtung ! lança le gros.

Des Allemands ! C'étaient des satanés Allemands ! Indiana aurait du s'en douter. Et il était prêt à parier son chapeau et son fouet qu'ils étaient venus pour Trottier ! Ou plutôt sa pierre.

Indy tenta de se relever. En vain. Et les deux qui s'approchaient dangereusement semblaient prêt à le pulvériser. On ne voyait presque rien dans cette pénombre, pourtant Indy devinait sans forcer un sourire au coin de leurs lèvres, un grand sourire sournois.

Il était perdu, lorsque...

- Excusez-moi messieurs...

C'était la voix de Trottier. Le petit se retourna vers le français :

- Kesque toi vouloir ? aboya-t-il d'un fort accent allemand.

- Oh, trois fois rien ! lui répondit-il calmement. J'ai trouvé ça par terre, je pensais que c'était à vous...

Il pointait un objet vers eux, un revolver. Plus précisément celui que le petit avait lâché quelques instant plus tôt.

Indiana ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir de soulagement. Il s'apprêtait à se relever lorsque les deux le piétinèrent, s'enfuyant à toute vitesse. Et Trottier ne semblait pas vouloir tirer.

L'archéologue gisait au sol, et il imaginait mal comment sa situation pouvait s'améliorer. Où trouverait-il la force de se relever ? Lorsque le gros lui était passé dessus, il avait eu l'impression de s'être retrouvé sous une locomotive. Maintenant il connaissait la sensation que pouvait éprouver un rail !

Trottier s'avança et lui tendit la main.

- C'est un peu tôt pour faire la sieste vous ne trouvez pas ?

 

 
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